Mobilités, migrations et temporalités

Avec des terrains développés dans certaines zones clefs de l’Amérique, les membres de l’unité sont amenés à aborder fréquemment, et sous des formes diverses, la question des mobilités humaines, leurs temporalités ainsi que leurs implications sur la notion de sédentarité.
Sur le littoral du détroit de Béring, le premier millénaire après J.-C. est le théâtre de multiples déplacements, de nature saisonnière pour l’exploitation des territoires, mais également migratoire. Ces derniers sont à l’origine de l’émergence de la culture inuit actuelle dont les ancêtres directs colonisèrent l’Arctique oriental depuis l’Ouest.
En Mésoamérique, les mouvements de population rythment les trajectoires préhispaniques et préfigurent souvent des bouleversements socio-politiques majeurs (comme les migrations à l’origine du royaume tarasque dans l’Occident du Mexique ou les phénomènes d’agglomération et d’abandon des cités mayas).
Sur la côte nord du Pérou, ces questions sont abordées au travers de la gestion des troupeaux de camélidés.
En Amazonie, enfin, contrairement à l’idée répandue de sociétés très mobiles susceptibles d’abandonner rapidement et souvent leurs habitats, les travaux archéologiques révèlent que ces sociétés étaient parfois stables et sédentaires, comme par exemple celles qui sont à l’origine des terra preta ou ont construit des champs surélevés.
La diversité des mobilités abordées au sein des projets de l’unité nous amène à définir un nouvel axe pour réfléchir conjointement aux échelles temporelles (déplacements quotidiens, fréquents, saisonniers, annuels, flux migratoires définitifs) et spatiales (intrasite, site/environnement proche, inter-sites, régionales, suprarégionales etc.), pour essayer aussi d’en déchiffrer les motifs (économiques, sociaux, religieux, politiques, résidentiels).
Pour comprendre la nature et les mécanismes des mobilités dans chacune des aires culturelles, il s’agira évidemment d’affiner le contrôle chronologique de nos données et de nous appuyer aussi bien sur des faits archéologiques, paléoenvironnementaux, ostéologiques, isotopiques ou paleogénétiques que sur les documents ethnohistoriques, ethnographiques et toponymiques.
L’examen et le croisement systématique de plusieurs marqueurs est plus que jamais une nécessité et s’inscrit ipso facto dans une démarche interdisciplinaire.

Responsable
Nicolas Goepfert
Doctorats en cours liés à l’axe thématique
Méreuze Rémi
Neffe Angélique
Viot Camille
Pinta Elie
Voir Projets et Pages personnelle
La préhistoire du Birnirk et l’émergence de la culture Inupiaq dans le Nord-Ouest de l’Alaska : perspectives archéologique et anthropologique.
Programme archéologique Désert de Sechura
ANR Camélandes. Les sociétés préhispaniques face à leur environnement : variations spatiales et diachroniques du pastoralisme andin (100-1470 apr. J.-C.)
Eden
Alix Claire : utilisation du bois en milieux arctique et subarctique  : approche ethnoarchéologique et dendrochronologique
Rostain Stéphen : occupation et exploitation des champs surélevés du littoral guyanais 650-1500 apr. J.-C. ; anthropisation des monticules du piémont amazonien équatorien (1900 av. J.-C.-1000 apr. J.-C.)
Photo : Plaine à chenier du cap Espenberg contenant des occupations thuléennes, Nord-ouest de l’Alaska (cliché Claire Alix)