Ressources, gestes, outils et parures : étude de la production d’objets en coquille dans les sociétés précolombiennes du nord des Petites-Antilles (essai de synthèse)

 

 

Dates : depuis 2023 - 2026

 

Problématique

Contexte

Du nord des Petites Antilles (depuis l’île d’Anguilla au nord à celle de Martinique au sud)

Les populations amérindiennes présentes dans les îles des Petites Antilles à partir du 5e millénaire avant notre ère ont fait un usage important des invertébrés marins et terrestres – coquillages, crustacés, coraux. Parmi eux, les mollusques marins (et terrestres) ont été particulièrement exploités comme ressource alimentaire et comme matière première (coquille) pour la production d'outils et d'éléments de parure.

Les restes archéologiques qui témoignent de ce ‘travail de la coquille (ou technologie de la coquille)’ incluent les objets finis, les éléments aux différentes étapes de leur production, les déchets produits lors de ces étapes et la matière première brute, éventuellement stockée. Les données sont nombreuses mais peu de chercheurs de la communauté archéologique caribéenne s’y consacrent de manière constante. Les éléments relevant du travail de la coquille sont intégrés de manière très irrégulière dans les publications archéologiques régionales, avec un focus souvent restreint aux objets finis délaissant les aspects techniques sous-jacents.

 

 

 

Articulation

En tant que chargée d’opérations et de recherches à l’Inrap et archéo-malacologue travaillant depuis plus de 20 ans dans la zone Caraïbe, la responsable du projet a pu aborder les pratiques d’exploitation des mollusques au travers de nombreuses séries de restes issus de sites variés. Si ce travail a débouché sur de nombreuses publications et synthèses sur les aspects alimentaires, révélateurs des paléo-économies des sociétés précolombiennes antillaises, le second grand axe, l’utilisation de la coquille comme matière première, n’a pas encore fait l’objet de synthèse.

C’est pourtant un axe fondamental pour la compréhension des populations amérindiennes passées des Petites Antilles : les productions sur coquille sont une composante omniprésente des assemblages archéologiques dans cette région ; l’approche technologique éclaire des aspects complexes liés à l’organisation socio-économique des communautés, reflétant leurs gestes et savoirs techniques, leurs manières de faire et leurs expressions culturelles.

Mise en oeuvre

Le corpus de données accumulé au fil du temps est devenu suffisamment conséquent pour autoriser une tentative de mise en accès et de synthèse, travail qui a débuté cette année. Il implique la reprise de certaines des séries archéologiques traitées anciennement par l’auteur ou dont les données doivent être complétées, une analyse technologique et un travail de traitement croisé des données afin d’en faire ressortir les tendances.

Le tout vise à éclairer : les choix des taxons, les modalités d’acquisition, les interactions avec d’autres chaînes techniques d’approvisionnement ; les gestes et étapes de transformation et de production et les choix techniques accompagnant ces modifications ; les fonctionnalités possibles des objets produits et ce qu’ils révèlent des pratiques techniques, économiques, sociales et symboliques des populations précolombiennes antillaises.

Responsable
Nathalie Serrand, Umr 7209 AASPE Mnhn / UMR 8096 CNRS

 

Institutions scientifiques partenaires
Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP)