Carmen Bernand

 

Anthropologue et historienne, professeure émérite de l’Université Paris-X

 

 

 

 

 » (…) les métis avaient leur place, puisqu’ils étaient l’incarnation vivante de la nouvelle société « 

Coup de coeur

Les dessins de Guaman Poma
Le trésor dormait dans la bibliothèque de Gottingen  à Copenhague.  Ce  n’est  qu’en 1908 qu’il  a été découvert. Il s’agit de l’oeuvre de Don Felipe Guaman Poma de Ayala achevée en 1615.  Elle compte pas moins de 1100  pages illustrées de dessins à la plume qui témoi- gnent  de  la vie des Incas au moment de la Conquête. A  découvrir absolument via le lien ci-dessus…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“ (…) c’est depuis ce lieu   “de pauvreté et de solitude”,   comme il appelle Montilla,   que va prendre corps   son projet fou de faire revivre   par la magie de la littérature,   l’utopie perdue du   Pérou et de son enfance ”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“ Les mythes péruviens, n’étaient pas l’expression de l’idolâtrie, mais des allégories   et Léon l’Hébreu lui-même, issu du plus monothéiste des peuples, considérait les récits fabuleux comme un moyen indispensable pour les hommes de se rapprocher de la Divinité et de comprendre ses mystères.”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“ Sous la plume inspirée de Garcilaso de la Vega, les Incas deviennent un peuple élu,    chargé d’une mission civilisatrice”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Pérou  vient de célèbrer le quatrième centenaire de « Los Comentarios reales de los Incas ». En quoi le livre de Garcilaso de la Vega est-il remarquable ?

Depuis la date de sa parution en 1609, ce livre demeure au cœur des débats, qu’ils soient politiques, sociaux ou culturels. Classique quant à sa prose limpide, forgée dans le Siècle d’Or de la littérature espagnole, son contenu intéresse toujours l’actualité, quelle qu’en soit l’époque. Car Garcilaso a réussi un pari impossible, celui de transformer un peuple américain incarnant une altérité absolue, en un modèle politique, nourrissant ainsi les projets utopiques ou les traités européens sur le bon gouvernement. Sous sa plume, et pour paraphraser Claude Lévi-Strauss, les Incas sont « bons à penser » : la légitimité des seigneurs naturels, le transfert de l’Empire, le millénarisme des Indiens, mais aussi des Britanniques comme Walter Raleigh, le gouvernement idéal des Républiques américaines après l’indépendance, la redistribution équitable, le socialisme, voire le communisme, l’État-providence, ou le métissage comme idéologie d’intégration nationale.

 

Que sait-on de Garcilaso de la Vega ?

 L’auteur des « Comentarios reales de los Incas » est un métis de la première heure.  Il naît à Cuzco en 1539, d’une mère Inca appartenant à la descendance de Tupac Inca Yupanqui, et d’un père espagnol, le capitaine Garcilaso de la Vega, apparenté aux maisons des ducs de Feria, des Zafra, des Lasso de la Vega, des Vargas.  Des lignages qui ont donné des poètes illustres comme Jorge Manrique ou son homonyme Garcilaso de la Vega, le rénovateur de la poésie castillane au XVIe siècle. Notre auteur passe à Cuzco les vingt premières années de sa vie, marquées par les turbulences des guerres civiles entre les Espagnols et les tourments de sa vie personnelle, puisque le capitaine se sépare de sa concubine péruvienne et épouse légitimement doña Luisa Martel, une Espagnole née à Panama. A la mort de son père, survenue un peu plus tard, notre héros, qui porte le nom de Gómez Suárez de Figueroa, quitte son Pérou natal, au moment même où le Licenciado Polo de Ondegardo expose les momies des souverains, qu’il a réussi à débusquer. Cette assemblée spectrale à laquelle Polo de Ondegardo convie le jeune métis, reste gravée à jamais dans sa mémoire, dernière image forte et crépusculaire des Incas, avant son départ pour l’Espagne, à la fin de l’année  1559, où il vivra jusqu’à sa mort, en 1616. Il est dans une situation de détresse profonde. Son père, qu’il adorait, est mort ; sa mère est partie dans un autre foyer, mariée à l’Espagnol Pedroche, et ses illusions ont été définitivement enterrées… Il raconte les vicissitudes de cette enfance et de cette jeunesse cusquénienne dans la seconde partie des “Comentarios”. Et il est, bien sûr, licite de se demander dans quelle mesure ces années formatrices pour tout être humain, contiennent déjà les germes de ce livre (et je dirais de son oeuvre). Ce que voit cet enfant, terré dans la maison paternelle, paralysée par la peur d’être tué par les ennemis du capitaine, qui est compromis dans la lutte des factions (les encomenderos se sont rebellés contre les ordonnances de la Couronne d’Espagne et cherchent à faire sécession, c’est une affaire très grave), il a disparu, il a peut-être été tué à son tour, c’est l’effondrement de son monde, qui est celui que les conquistadores et les membres des élites cusquéniennes s’efforçaient de bâtir, afin de surmonter le désastre de la destruction du Tahuantinsuyu, commencé à la mort de Huayna Capac, et dont le point d’orgue sera la Conquête espagnole. Dans ce monde d’alliances entre encomenderos et kurakus, surgi des décombres de l’ancien Empire, les métis avaient leur place, puisqu’ils étaient l’incarnation vivante de la nouvelle société, des “hommes nouveaux”, si je peux me permettre d’utiliser une formule moderne et passablement galvaudée. Mais avec la fin des guerres civiles, l’exécution des principaux rebells et la normalisation de la situation entreprise par la Couronne en la personne du pacificateur La Gasca et parachevée dans les années 1570 par le vice-roi Toledo, le rêve d’une société mixte s’évanouit et les métis ne sont plus les représentants d’une ère nouvelle, mais le rejetons méprisés et inclassables, des trouble-fêtes. “Une engeance qui, avec le temps, sera très dangereuse et pernicieuse dans ces contrées. Jusque-là on n’y avait pas prêté attention à ces personnes, qui étaient très jeunes, mais désormais, ce sont des hommes et ils se multiplient d’heure en heure”, selon les paroles du Licencié Garcia de Castro, président de  la Audienca de Lima, dans une lettre qu’il adresse au Cosejo de Indias en 1565.

 

Quand se lance-t-il dans l’écriture ?

Une fois en Espagne, une seule idée – fixe – semble guider ses pas : réhabiliter auprès de la Cour, réunie à Madrid, la mémoire de son père, accusé de félonie (en tant qu’ami du rebelle Gonzalo Pizarro) et obtenir la pension qui devrait lui revenir en tant que son fils du capitaine, pour les services que le capitaine avait rendus à la Couronne lors de la conquête du Pérou. Ces démarches n’aboutiront jamais. Débouté, il part à Montilla, habiter chez son oncle don Alonso de Vargas qui l’adopte. Il ne s’appelle plus Gómez Suárez mais prend le nom du père défunt, Garcilaso de la Vega, assumant ainsi une identité mal vue par les autorités, reportant sur lui la défiance officielle à l’égard du conquistador, se plaçant sans ambiguïté dans le camp des perdants. Cette identification est renforcée lorsqu’il acquiert le grade de « capitaine » après sa participation dans la campagne contre les Morisques des Alpujarras, en 1570. Et de fait, c’est depuis ce lieu « de pauvreté et de solitude », comme il appelle Montilla, que va prendre corps son projet fou de faire revivre par la magie de la littérature, l’utopie perdue du Pérou et de son enfance. Pour parvenir à ce but – écrire une Histoire du Pérou en deux volets, le premier sur les Incas, le second sur le rêve brisé d’une société métisse – Garcilaso n’emprunte pas la voie la plus courte.

 

Quel est son cheminement ?

Il veut tout d’abord perfectionner sa plume, la rendre aussi claire que celle des écrivains espagnols (« con palabras llanas », comme dit Cervantes dans le Quichotte), et montrer ainsi qu’un Péruvien peut briller dans les lettres. Il lui faut aussi convaincre, pour effacer la mauvaise image des Incas, présentés comme  des  païens  par  les chroniques, dont celle de López de Gómara, qu’il déteste et contrer Sarmiento de Gamboa, le chroniqueur du vice-roi Toledo, qui qualifie de “tyrannie” le gouvernement des Incas. Il se sent investi d’une mission à la fois personnelle et politique. Cette flamme ne l’abandonnera jamais. Il s’attèle à la traduction des “Dialoghi d’Amore” de Léon l’Hébreu, nom d’emprunt de Juda Abravanel, un rabbin juif ibérique, médecin et poète à ses heures, expulsé en 1492 d’abord au Portugal, puis en Italie où il meurt dans les années 1520.

 

D’où lui vient cette capacité à traduire « Les dialogues » ?

L’ambition paraît démesurée étant donné le faible bagage culturel qu’il a reçu à    Cuzco, mais qu’il a certainement enrichi dans la bibliothèque de ses parents, les marquis de Priego à Montilla. Les « Dialoghi d’Amore » avaient été écrits en toscan. Cet ouvrage, qui faisait la synthèse entre le néo-platonisme de la Renaissance et la kabbale juive, et qui était à l’index de l’Inquisition, avait déjà été traduit en 1568 par Guedaliah ibn Yayha, fils d’un juif portugais établi à Venise, puis, en 1582, par Carlos Montesa. Pourquoi, alors, tenter une nouvelle traduction ? Sans doute il faut faire crédit à ses propos, et y voir, dans ce travail, la manière de perfectionner sa prose. Il y a aussi, très certainement, la volonté de s’imprégner d’un texte, de comprendre les spéculations philosophiques néo-platoniciennes ainsi que les bases de la kabbale, de l’incorporer et de l’adopter. Et, en effet, Garcilaso a fait sien le texte de Léon, comme le montrent les annotations pertinentes griffonnées sur les marges pour commenter certains passages.

 

Il semble sous le charme du rabbin…

On ne peut pas exclure une identification avec cet homme, à la fois brillant et exclu, issu d’un peuple séminal, le peuple de l’Ancien Testament, qui a été déchu, expulsé, poursuivi et ostracisé. Comment ne pas être frappé par le parallélisme avec les Incas ? Quoi qu’il en soit, la traduction qu’il livre enfin à la presse en 1590, est, de l’avis des spécialistes israéliens, la meilleure qui a été faite en langue étrangère. L’impact sur Garcilaso de cette plongée dans l’univers de Léon l’Hébreu est énorme. Imitant l’auteur des Dialogues, qui signe son traité d’un nom métis composé de  Léon (version chrétienne de Juda) et de l’Hébreu, pour marquer ses origines, Garcilaso ajoute à son nom l’épithète de « el Inca ». Comme le philosophe juif qui écrit en toscan, abandonnant sa langue hébraïque maternelle avec laquelle il composait ses poèmes, Garcilaso « pense » en quechua et se traduit lui-même en espagnol, langue universelle avec laquelle il peut toucher un public large. Comme Léon encore, il rédige son ouvrage loin de sa patrie, en exil. Léon n’est pas le seul auteur juif qui inspire notre Péruvien. Dans sa bibliothèque, dont José Durand a établi l’inventaire, figuraient en bonne place les « Antiquités juives » de Flavius-Josèphe, précédées de « La guerre des Juifs ». Ces textes furent écrits à Rome en l’an 93 par Josèphe, fils de Mathias, juif de Jérusalem passé au côté des Romains sous le nom latin de Titus Flavius, qui explique (et on croirait entendre notre Inca) qu’il a écrit son livre « en traduisant en grec l’œuvre que j’avais d’abord composée dans ma langue maternelle » (l’araméen).  Et  il  déclare  un  peu  plus  loin :  « Il faut  certes  mépriser  des maîtres qui vous sont inférieurs, mais pas ceux à qui l’univers est soumis, car, quelle contrée avait échappé aux Romains si ce n’est que celles que la chaleur ou le froid rendent sans intérêt ?”. Seize siècles plus tard, la renommée de l’Espagne justifiait le rêve de métissage conçu par Garcilaso. D’autres auteurs conversos figuraient aussi parmi ses références.

 

Loin derrière les  « Dialogues »…

Les « Dialogues » ont aidé Garcilaso à repenser son propre passé au moyen de catégories universelles. Si la philosophie de Platon pouvait s’accorder avec l’Ancien Testament, il était donc possible de rapprocher de façon harmonieuse le paganisme des Incas et le christianisme. Platon, d’après Léon l’Hébreu, avait reçu en Égypte des enseignements mosaïques. Huayna Capac, d’après Garcilaso, avait eu la préfiguration de la conquête et les Incas avaient côtoyé le monothéisme, incarné dans la figure de Pachacamac. Le culte solaire des Incas n’était-il pas un reflet « antarctique » du soleil platonicien, simulacre de la Divinité ? Dans le système philosophique de Léon, l’amour comme moteur divin de la création et comme lien entre les hommes, facilite la synthèse des contraires ; au Pérou, l’amour comme idéal, aurait pu concilier les différences, et dans le passé, selon Garcilaso, les Incas avaient conquis les peuples des Cordillères « con amor ». Les mythes péruviens, n’étaient pas l’expression de l’idolâtrie, mais des allégories et Léon l’Hébreu lui-même, issu du plus monothéiste des peuples, considérait les récits fabuleux comme un moyen indispensable pour les hommes de se rapprocher de la Divinité et de comprendre ses mystères. Enfin, l’importance du Soleil dans la philosophie platonicienne, simulacre visible de la Divinité, qui est en soi inconcevable, donnait au culte solaire des Incas une tout autre dimension, replaçant ce peuple dans une théologie universelle.

 

Les références aux Hébreux sont à peine voilées…

Sous la plume inspirée de Garcilaso de la Vega, les Incas deviennent un peuple élu, chargé d’une mission civilisatrice. Manco Capac est un nouveau Moïse. Le Temple du Soleil, auquel notre auteur dédie deux longs chapitres, est une réplique du Temple de Salomon décrit dans le livre des Rois ; les tabernacles sont ici, à Cuzco, de pierre, et l’Inca s’assoit sous ces tentes minérales. Cuzco est le point central d’où divergent les quatre fleuves du paradis, qui sont pour lui le Magdalena, l’Amazone, le Marañón et le Rio de la Plata, et, par conséquent, une nouvelle Jérusalem. Les Incas de Garcilaso de la Vega ont une relation intime avec la Torah. D’ailleurs, les Commentaires sont dédiés au  “ prince desprophètes », c’est-à-dire Moïse ; citant la Vulgate, il écrit que le ciel recouvre le monde comme une peau, insistant sur son unité. Cette métaphore de l’univers comme un corps animal a été longuement développée par Maïmonide dans le « Guide des égarés » et Léon l’Hébreu la cite à son tour.

 

Il est en quête d’universalité…

La grille platonicienne et hébraïque l’aide à repenser le monde singulier de ses parents maternels dans un langage universel et solaire. Garcilaso revendique la parole vraie. Ce qu’il écrit, dit-il à plusieurs reprises, il l’a sucé dans le lait maternel, « lo mamé en la leche ». Il s’agit d’une expression courante au XVIe siècle qui s’applique généralement aux conversos, qui ont têté dans le sein de leur mère la religion judaïque (et qu’ils ne l’ont pas oubliée). En affirmant cela, Garcilaso assume « las fábulas y las verdades » de ses ancêtres et se place décidément dans une appartenance ambiguë à la religion chrétienne. Garcilaso pousse plus loin sa quête d’universalité, puisant dans son entourage espagnol des clés générales pour interpréter le passé. Contrairement  à ce qu’il affirme, Montilla n’est pas un lieu isolé et l’Inca s’insère aisément dans des réseaux sociaux – comme le montrent ses fréquents parrainages de nouveaux nés – mais aussi dans les réseaux intellectuels, ceux des jésuites et aussi ceux des antiquaires andalous, qui cherchent à construire une histoire de la péninsule ibérique à travers les vestiges archéologiques des anciennes civilisations : stèles romaines, pierres tombales juives ou musulmanes, fondations de palais, bref, tout ce que l’histoire a laissé comme traces. Ces antiquaires, dont le plus éminent est Ambrosio de Morales, l’initient à l’étude des objets, et à l’interprétation des ruines qui jouent dans son livre un rôle important : le temple de Cacha, les débris de la fête de la Citua, les fondations incaïques.

 

En vue d’un travail de reconstruction…

Dans les « Comentarios », la chronologie s’efface au profit  de  la permanence   : « hacían », « decían », « creían ». Thomas More et Lluis Vives l’éclairent sur l’importance du travail : l’Inca est « amador de pobres »,   titre d’un texte de Vivès ; la Chine lointaine, évoquée par les missionnaires jésuites, prouve que la sagesse n’est pas nécessairement l’apanage des chrétiens. Toutes ces voix venues d’Europe, d’Afrique et d’Asie désenclavent l’histoire des Incas pour l’insérer  dans  un  cadre  universel, et  les  « quatre  parties  du monde »  du Tahuantinsuyu se confondent ainsi avec celles du monde habité.

 

Comment définiriez-vous, à grands traits, les « Commentaires » ?

Rédigés par un Péruvien, inspirés de l’œuvre complexe d’un rabbin méditerranéen   qui   s’exprimait   en  toscan, nourris   des  auteurs les plus en vogue de l’humanisme du XVIe siècle, mais aussi des auteurs classiques Jules César et de Suétone, ou des écrivains postérieurs comme Héliodore (qu’il affectionnait et où on retrouvé également le culte solaire), “les Comentarios” furent publiés à Lisbonne sous les presses d’un imprimeur flamand, traduits en français, en anglais et en néerlandais, affublés de préfaces apocryphes au XVIIIe siècle, passés maintes fois au crible d’une exégèse appliquée, quasi talmudique. Les “Comentarios” sont un livre paradoxal, le premier à avoir été produit par un Américain pour un public universel, dans le dessein d’inclure le Pérou dans l’histoire universelle et d’en faire un modèle polititique pour ses contemporains. Ni tout à fait fiction, ni tot à fait histoire, les “Comentarios Reales” occupent une place unique dans les lettres en langue espagnole et inaugurent avec éclat la culture métisse américaine qui n’a pas cessé de briller depuis.   

Propos recueillis en 2009

 

Pour en savoir plus  

INCA GARCILASO DE LA VEGA. Commentaires royaux sur le Pérou des Incas. Tomes I, II et III Éditions La Découverte/Poche Littérature et voyages. Paris, 2000.  Carmen Bernand.

Un Inca platonicien Garcilaso de la Vega 1539-1616. Editions Fayard, 2006 (Epuisé, mais encore en vente d’occasion). BERNAND Carmen. Un Inca platonicien Garcilaso de la Vega (1539 – 1616). Fayard.2006.