Jacques Galinier

 

 Ethnologue américaniste.

Directeur de recherche au CNRS Laboratoire d’Ethnologie et de sociologie comparative  Université Paris Ouest Nanterre La Défense

 

Le rituel des Valadores. Un des marqueurs spectaculaires de l'indianité préhispanique.

L'un des phénomènes culturels à coloration new Age : la célébration de l'équinoxe de printemps à Chichen Itza

Ce qui perdure de la pensée préhispanique au Mexique

 

Comment est né l’ouvrage « Les néo-Indiens, une religion du IIIe millénaire » que vous avez cosigné, en 2006, avec Antoinette Molinié ?

L’odyssée  historique des communautés amérindiennes du Mexique et du Pérou a fait l’objet d’études classiques de la part des anthropologues spécialistes de ces deux domaines. Au Mexique, au début des années 1990, alors que je poursuivais encore une enquête dans les communautés otomi de la Sierra Madre orientale, l’explosion de phénomènes culturels à coloration New Age, tant au cœur même de la ville de Mexico, sur le Zócalo, que sur les grands sites cérémoniels que sont Teotihuacan et Chichen Itza a fait surgir la difficulté suivante : comment rendre compte de ces nouveaux systèmes de pensée qui puisent consciemment et délibérément dans les traditions  des sociétés préhispaniques, s’en revendiquent et établissent des filiations imaginaires pour ressusciter un passé en partie enfoui sous les décombres de la Conquête ?  Dans cette étude comparative entre Cuzco et Mexico, Antoinette Molinié et moi, considérions qu’au fond les communautés indiennes subissaient un processus d’adaptation à la société nationale dans lequel se maintenaient, de manière plus ou moins heureuse, des traditions issues de la colonie et du passé ancien et d’autres liées à l’apport espagnol des colonisateurs. Et cela, dans des formes plus ou moins syncrétiques ou hybrides, voire même compartimentées entre ce qui relève de l’autochtonie propre, en tout cas vécue comme telle, par les Indiens - comme c’est le cas des Otomi -, et ce qui est rejeté comme appartenant à la société moderne, au monde de métis et à la société dominante. Donc, d’un côté, nous considérions qu’il y avait les sociétés indiennes avec leurs rythmes propres, leur historicité singulière, et de l’autre ces « enfants du Verseau » apparaissant sur la scène médiatique et revendiquant une autochtonie fantasmée pour laquelle nous n’avions pas les instruments d’analyse adéquats. De fait, Antoinette Molinié et moi sommes partis de l’hypothèse, qui s’est avérée dépassée, que ces sociétés opposées étaient appelés à deux destins historiques différents, comme deux mondes sans communication, sans aucune interaction, du fait même que les mouvements néo-Indiens, s’ils utilisent la symbolique et des éléments emblématiques des communautés natives, n’ont aucun contact physique avec elles, aucune connaissance directe de ces communautés. C’est une idéologie reconstruite d’un monde imaginaire perdu dans les sables de l’Histoire. Or, au cours des dernières années, nous avons vu émerger dans des villages indiens de nouveaux courants de revendication ethnique qui utilisent les nouveaux symboles véhiculés par les New Agers à Mexico. A l’exemple des représentations de l’Indien impérial(« aztèque ») qui est le fer de lance de cette idéologie. C’est pourquoi, à côté des traditions strictement d’origine préhispanique, on voit émerger de nouvelles figures de l’Indien inspirées de ces modes qui s’inscrivent dans la durée.

 

Toutes les communautés indiennes sont-elles concernées ?

Non, seulement un certain nombre d’entre elles. Celles qui captent ces images d’Indiens New Age et les mêlent à leurs figures traditionnelles, tels les Teenek  ou les Nahua, les descendants des Aztèques, par exemple. C’est un phénomène de mimétisme que nous n’avions pas du tout anticipé il y a 20 ans. Par l’impact du tourisme mystique, on peut supposer qu’est en train de se construire une nouvelle forme d’indianité calquée sur les modèles et les stéréotypes de l’Occident et qui viendrait, par percolation, s’inscrire dans la trame de la culture indigène actuelle.

 

Comment l’expliquez-vous ?

Ces sociétés sont prises dans les rets de la mondialisation, avec des Indiens qui voient défiler sur les écrans de télévision ce monde autre, tout à fait à l’opposé du leur et auquel ils n’ont pas encore accès, mais dont ils perçoivent que certains symboles (dont ils sont les porteurs) ont une valeur très forte. Symboles qui deviennent même une sortede capital et qu’ils peuvent négocier dans leur façon d’être et de se présenter aux autres populations.

 

C’est un mode de valorisation...

Précisément. Cela valorise leur propre identité ethnique et se traduit par des retombées économiques au niveau de l’artisanat et de certains objets emblématiques qui circulent d’un groupe à l’autre avant d’apparaître sur le marché touristique international. Encore une fois, cela ne concerne pas toutes les communautés. Certaines sont prises dans leur carcan postcolonial et n’ont pas ce caractère photogénique qui attire immédiatement les touristes. Lesquels attendent  des Indiens qu’ils soient dans un habitat conforme aux canons traditionnels, avec des femmes en costume et portant des plumes si possible...

 

Les grands sites archéologiques du Mexique deviennent des lieux de médiation qui attirent, à certains moments de l’année, des milliers de personnes. Que vous inspirent ces grands rassemblements ?

Dans notre démarche, il a été déterminant d’assister à l’effervescence ébouriffante de ces célébrations cosmiques sur les grands sites cérémoniels. En particulier à Teotihuacan où, chaque année, lors de l’équinoxe de printemps, plus d’un million de personnes se réunissent. Leur profil est extrêmement varié, incluant non seulement des populations locales - métis, voire indiennes -, des urbains, des étrangers (touristes ou pratiquants du New Age venant de tous les continents),  y compris des personnages issus d’autres traditions culturelles et religieuses, comme des soufis de Turquie, des lamas tibétains, mais encore des Yorubas du Nigéria ou des membres de la santeria cubaine. Ainsi, c’est plutôt sous le règne du melting-pot que se développent ces cérémonies qui connaissent un écho grandissant chez les participants de cette nouvelle variante du tourisme mystique en quête de « bonnes vibrations », dans la tradition des  idéologies héritées du mouvement beatnik et ensuite hippie. Mouvement qui a trouvé une terre d’élection au Mexique depuis les années 50 et qui, maintenant, s’inscrit dans des formes de tourisme de masse dont il sert, en quelque sorte, de vitrine exotique.

 

Revenons à l’hétérogénéité des communautés indiennes. Comment l’appréciez-vous ?  

Les communautés indiennes au Mexique sont extrêmement diverses quant à la force que prend la tradition indigène par rapport aux marqueurs de l’idéologie nationale. En quelque sorte, si certaines, rares, communautés demeurent monolingues, tournées vers un passé ethnique fort peu imprégné des formes de pensée de la société postindustrielle, d’autres au contraire s’inscrivent dans le maelström de la modernité la plus immédiate et y perdent même leur langue. Il existe une très grande hétérogénéité entre les groupes ethniques qui se comptent par centaines de milliers voire millions de personnes où le vernaculaire, tel le nahuatl, est le moyen de communication dominant et ceux dont la langue n’est plus parlée que par une petite poignée d’individus en voie d’extinction rapide, comme c’est le cas en Basse-Californie. De fait, à l’augmentation constante du nombre de locuteurs indiens, en valeur absolue, correspond depuis un siècle une diminution, en valeur relative, de ces mêmes Indiens par rapport au reste de la société nationale. Cette évolution cache de grandes disparités entre des groupes culturellement et linguistiquement dynamiques et d’autres aux portes de l’oubli. Cette remarque est importante pour comprendre comment le poids du passé préhispanique s’inscrit de manière différente selon le type de société qui porte encore les valeurs issues de cette période.Il conviendrait de rajouter le poids des migrations vers les grands centres urbains tant au Mexique que dans le reste de l’Amérique du nord, qui provoquent une « mésoaméricanisation » de la frontière des Etats Unis, sur laquelle vivent désormais des milliers d’Indiens originaires du Mexique central, et au-delà dans tous les états de l’Union Américaine.

 

Le rituel des Voladores, avec ces quatre danseurs suspendus à des cordes qui descendent progressivement du haut d’un mât de  plus  de  quinze  mètres,  avait  un sens  en  Amérique  préhispanique. N’est-il pas devenu une simple attraction touristique ?

Le rituel des Valadores est un des marqueurs les plus spectaculaires de l’indianité préhispanique. Encore pratiqué de nos jours, il remonte à l’horizon toltèque. Il est associé à des rituels de fertilité agraire qu’on voit représenté dans les codex mexicains. Les Indiens Totonaques en sont, aujourd’hui, les représentants les plus visibles. Si l’on peut voir quotidiennement les danseurs volants face au musée d’anthropologie de la ville de Mexico, le rituel continue à être pratiqué par les communautés du sud de la Huasteca, en particulier par les Nahua et les Otomi. Il n’est pas qu’une simple attraction touristique mais s’inscrit, tant chez Totonaques que chez les Otomi, dans un grand cycle du carnaval où les danseurs représentent soit des aigles, comme dans la tradition huaxtèque, soit des diables, comme le sont les danseurs otomi.

 

En quoi la découverte, au cœur de la ville Mexico, du monolithe de Coyolxauhqui, sœur du dieu tribal aztèque Huitzilopochtli, constitue un tournant culturel dans l’histoire du Mexique récent ?

Cette découverte en a déterminé une autre absolument considérable : celle de l’immense site archéologique qu’est le Templo Mayor, détruit à l’arrivée des Espagnols. Des bâtiments avaient été reconstruits sur ses ruines à l’époque coloniale. Bien qu’ils soient classés, le gouvernement mexicain n’a pas hésité à les faire démolir afin d’accéder au site qui s’est révélé être un véritable trésor. De fait, les milliers d’artefacts retrouvés là nous renseignent sur l’origine des constructions monumentales qui formaient le Templo Mayor et aussi sur tous les systèmes d’échange qu’il y avait autour de ce lieu avec les provinces tributaires de l’empire aztèque, d’une côte à l’autre. Plus récemment, en 2006, et de manière aussi fortuite, a été exhumé un monolithe de 12 tonnes qui représente Tlatlecuhtli, la divinité de la terre. Des études sont en cours pour démontrer qu’à cet emplacement se trouverait peut-être un tunnel conduisant au tombeau d’un ancien souverain aztèque. Le musée du Templo Mayor a été construit in situ et renferme les plus belles reliques de ce passé mis au jour récemment.

 

Quelle place occupe aujourd’hui le Zócalo, au cœur du centre historique de Mexico ?

Le Zócalo tient une position centrale dans tout le dispositif urbanistique de la ville de Mexico, comme il l’occupait à Tenochtitlan, à l’apogée de l’empire aztèque, avec en son cœur le Templo Mayor. Le Zócalo représente tout à la fois le cœur de la capitale, le cœur politique, le cœur historique et religieux avec la cathédrale flanquée sur le côté Nord, le palais gouvernemental à l’Est, la mairie du district fédéral au Sud, plus une série d’hôtels sur le quatrième côté Ouest. Il est le lieu de rassemblements périodiques lors des manifestations de masse organisées par les partis politiques ou suscitées par le gouvernement mexicain. Surtout on y célèbre la fête de l’indépendance. Là se rencontrent aussi les différentes corporations de métiers et les individus en recherche d’un emploi. Le Zócalo est également devenu l’épicentre du mouvement New Age et son lieu d’expression la plus spectaculaire, la plus cinématographique, parce qu’elle se fait à cet endroit là au contact des touristes. En ce lieu se renforce, se construit, se déconstruit, se renoue une identité nationale, institutionnelle, mais aussi s’expriment ces formes encore balbutiantes d’ethnogenèse qui prennent appui sur les religions préhispaniques d’un côté et, de l’autre, sur les messages de l’idéologie New Age venue des pays occidentaux, d’Europe et d’Amérique du Nord.

 

Parlez-nous des Concheros qui fréquentent le Zócalo...

Il s’agit d’une tradition d’origine coloniale. Les Concheros sont des groupes d’obédience religieuse, catholique, qui utilisent tout l’équipement de l’Indien aztèque, de l’ « Indien impérial », et servent aujourd’hui de vitrine aux New Agers. Ils sont Indiens ou métis d’origine indienne, issus plutôt d’un milieu urbain. Les Concheros ont récupéré depuis la fin du XVIIIe siècle une tradition préhispanique dans la ligne de ce qui a été un indianisme d’Etat, présent après l’époque coloniale, pendant la République et jusqu’au XXe siècle. En ont émergé, au cours des dernières années, ces formes d’expressions exacerbées d’identité indienne par des populations qui se réclament d’une tradition puisant à la fois dans les images officielles de l’identité indienne par des populations qui se réclament d’un corpus idéologique et dans les images officielles de l’Indien d’Etat, mais aussi dans les récits des chroniqueurs du New Age le plus souvent trouvées dans les articles publiés par les ethnologues et les anthropologues.

 

Est-ce là qu’ils puisent leur matière première ?

Exactement. Nos travaux sont caviardés, remixés, et imprimés sous forme de fascicules et d’ouvrages dans lesquels toutes les explications cosmologiques et cosmogoniques sont mises en forme à destination du public. La particularité des adeptes du mouvement New Age, par rapport aux Indiens des communautés auprès - desquels il est toujours difficile de recueillir des informations sur la durée et la profondeur des faits culturels - est d’être étonnamment loquaces. Les New Agers font preuve d’un prosélytisme sans bornes. Ils abreuvent le public de publications, de commentaires et d’exégèses en tout genre qui sont en fait du « copier-coller » de toutes les données historiques et anthropologiques qu’ils ont additionnées et de tous les clichés provenant des séries B américaines, des westerns, etc. Et c’est ce medley culturel qui sert d’horizon à l’expression des revendications identitaires.

 

Vous avez consacré quarante années de votre vie à l’étude des Otomi. Au-delà du rituel des Voladores, y percevez-les traces marquantes d’une pensée préhispanique ?

Le cas des Otomi est particulièrement intéressant, parce que c’est une société, en partie colonisée par les Aztèques, à cheval sur plusieurs mondes. On  rencontre, dans le sud de la Huasteca, quelques communautés traditionnelles encore monolingues et ancrées dans la tradition coloniale où émerge effectivement le passé préhispanique. Mais attention, il n’existe aucune société amérindienne préservée à l’état pur, qui aurait été épargnée par cinq siècles de colonisation. Néanmoins, vivre à leur contact sur la longue durée m’a contraint à admettre qu’il existe, toujours manifeste, un socle de croyances d’origine préhispanique.

 

Sous quelle forme ?

Sous la forme d’un très complexe système rituel. Les Otomi utilisent, comme matériau le papier d’écorce battue dans lequel ils découpent des figurines  représentant l’essentiel de leurs divinités  :  les forces et éléments de la nature (terre, eau, feu), les semences, les grottes... Ce système du monde est encore largement attesté, non seulement chez les chamanes - experts et véhicules de la tradition -, mais chez les membres de la communauté,  toutes classes d’âge confondues, à travers des pratiques cérémonielles qui en maintiennent les contours. A l’exemple des rituels de fertilité agraire (costumbres) ou du carnaval qui, en dépit de son ancrage européen et médiéval, a été subverti au Mexique et a connu une diffusion épidémique en milieu indien et l’énorme succès qu’y a recueilli une figure majeure : celle du diable.

 

Racontez-nous...

Le diable est arrivé dans le sillage de l’évangélisation par les missionnaires. Pour les Indiens, il a d’emblée fait figure de canopée de toutes leurs anciennes divinités qu’il a maintenu vivantes et camouflées sous son nom jusqu’à aujourd’hui. C’est la grande figure du monde religieux des Otomi. Il est en quelque sorte un avatar du maître du monde, de la nuit, de la violence, du désir sexuel. Le maître des femmes aussi, puis qu’il commande les cycles menstruels. Le diable gouverne la partie inférieure du corps, comme celle du cosmos : l’inframonde. Il est situé au sommet du panthéon des Otomi, beaucoup plus que le soleil qui a plutôt une position de retrait. Dans cette vision asymétrique du monde, la nuit « pèse » davantage que le jour. Les Otomi se considèrent comme des gens de la nuit. On peut, sur ce plan, les opposer aux Aztèques, « le peuple du soleil ». C’est là un trait d’origine préhispanique qui s’est admirablement conservé jusqu’à nos jours et qui a des conséquences cosmologiques,  mythologiques et rituelles. Y compris au niveau de l’éthique ou de la représentation de soi et du corps, voire de la sorcellerie que les populations environnantes attribuent aux Otomi comme étant une forme de communication avec les puissances de l’inframonde, létales mais nécessaires à la vie.

 

Au fond, peut-on réellement approcher la pensée préhispanique aujourd’hui ?

 Il va de soi, répétons-le,  qu’on ne peut postuler la rémanence d’une pensée préhispanique non contaminée par des apports coloniaux. Il faut plutôt parler d’une tradition coloniale acclimatée aux bouleversements de la mondialisation, mais dont certains pans –  du fait chez les Otomi d’un processus de camouflage qui s’est mis en place dès l’époque coloniale -, sont largement d’extraction préhispanique. C’est le cas notamment du Volador dont nous venons de parler. Ou de certains cultes. Je pense, en particulier, au culte des montagnes, au culte du feu et surtout au culte des ancêtres qui, au-delà de la fête des morts qui célèbre les défunts des différentes lignées, met en scène des figures primitives à travers lesquelles surgit cette idéologie de la mort créatrice, de la violence et la jouissance via un acte sacrificiel. Cet acte sacrificiel que l’on retrouve au cœur même de la pensée otomi, qui se manifeste quand entrent en contact deux polarités opposées, le masculin et le féminin. Le meilleur exemple étant le rapport sexuel, générateur d’un processus de prédation et de métamorphose, au terme duquel renaît un être vivant. La mort dans la vie, la vie dans la mort, le caractère cyclique du temps et de la circulation des énergies s’avèrent les traits le plus marquants de la persistante des philosophies préhispaniques au cœur des expressions culturelles d’aujourd’hui… y compris, à leur insu, chez les adeptes du New Age mésoaméricain !

Propos recueillis en 2012

LES NEO-INDIENS  Une religion du IIIe millénaire Les Inca de Tintin en chair et en os ? En 2001, le président du Pérou Alejandro Toledo s’est fait introniser en Inca à Machu Picchu par des chamanes qui ont présenté des offrandes aux dieux des montagnes. Le président de Bolivie Evo Morales s’est fait introniser dans le temple de Tiwanaku habillé en Aymara. Jacques Galinier et Antoinette Molinié nous montrent comment le « néo-Indien » qui émerge en Amérique Latine ne sort ni d’une monographie ethnographique, ni d’un métissage antiraciste. Mais de notre culture télévisuelle et de Disneyland. Il s’habille en prince aztèque ou en Inca les jours de fête, et ses vêtements traditionnels inspirent des stylistes californiens. Il ne danse plus pour la pluie, mais pour les touristes. Il pille les écrits des ethnologues pour découvrir ses rituels. Un phénomène déconcertant mélangeant tour-opérateurs, nouvelles spiritualités, ethnologie et altermondialisme.